Vainqueur de l'Amlin Challenge Cup la saison passée avec le Biarritz Olympique, l'ancien pilier international Sylvain Marconnet, aujourd'hui retraité, nous explique les raisons d'espérer du BO avant de se déplacer à Gloucester pour son quart de finale (jeudi 4 avril, 21 heures).
Le Biarritz Olympique reste sur des résultats décevants en Championnat. Quelles peuvent être les ambitions du club basque avant ce déplacement à Gloucester ?
Sylvain Marconnet : « Ce n'est pas dans l'ADN, dans la culture du club de laisser passer des matchs ou une compétition. Il y a une vraie responsabilisation du groupe pour ne pas galvauder cette Amlin Challenge Cup. Ce sentiment est renforcé par le fait que nous sommes tenant du titre (victoire en finale contre le RC Toulonnais, 18-21) et que la saison du BO, même si elle n'est pas aussi catastrophique que l'année dernière (9e à l'issue du Top 14), ne permettra certainement pas de jouer des matchs de phases finales en championnat. Il faut donc jouer cette coupe d'Europe à fond et aller chercher une qualification en H Cup. »
La saison passée, dans quel état d'esprit aviez-vous décidé d'aborder ces matchs couperets de l'Amlin Challenge Cup ?
« Il n'y avait pas une grosse pression. On s'était surtout dit de prendre du plaisir pour évacuer la tension du championnat où l'on avait laissé beaucoup d'influx nerveux pour se maintenir. On avait vraiment la volonté de montrer un autre visage qu'en Top 14. Quand on a un effectif comme le Biarritz Olympique pour jouer les premiers rôles et que l'on se retrouve par la conjoncture d'un certain nombre d'incidents en queue de peloton, on a envie d'exister et de prouver que l'on vaut mieux que cela. »
Comment sentez-vous le groupe avant ce quart de finale ?
« Les joueurs sont bien évidemment déçus de leur classement en championnat mais je ne sens pas d'abattement. Ils n'oublient pas que cette compétition nous a réussi et nous a laissé beaucoup de beaux souvenirs. Les garçons ont envie de rééditer cette performance en se lâchant à fond. De toute façon, le groupe est bien conscient qu'il s'agit de la seule voie cette année pour ramener un titre à Biarritz. »
Ne pensez-vous pas qu'il sera malgré tout difficile d'aller s'imposer sur la pelouse du Kingsholm Stadium ?
« Les Biarrots ont vraiment toute leur chance. Les clubs français aiment jouer contre les Anglais parce que c'est un autre rythme, une autre philosophie. Et il ne faut pas oublier que la saison dernière, nous sommes allés nous imposer à l'Adams Park des Wasps en quart de finale (23-26). Le challenge est de taille mais il n'y a pas beaucoup de clubs qui me font peur dans cette compétition. »
Justement, sur quelle(s) forces(s) doit s'appuyer le Biarritz Olympique pour espérer disputer une nouvelle finale, le 17 mai prochain, au RDS Arena de Dublin ?
« La force de cette équipe, c'est son caractère, son expérience et les joueurs qui la composent. Ces joueurs l'ont déjà démontré dans le passé : ce sont de grands compétiteurs. Le BO a toujours eu une conquête très solide et dispose d'excellents finisseurs avec Takudzwa Ngwenya, Aled Brew et Iain Balshaw. Il y a vraiment de la qualité dans l'effectif même si dans le sport de haut niveau, l'équilibre est toujours extrêmement fragile. Le groupe a été déstabilisé en cours de saison mais il a su retrouver une forme de stabilité pour cette dernière ligne droite. »