Ecarté des phases finales du Top 14, le Stade Français est désormais focalisé sur son unique objectif de fin de saison : l'Amlin Challenge Cup. Opposé à Bath en quart de finale, le club parisien espère retrouver le plaisir de jouer et un état d'esprit conquérant.
La fatalité pèse inexorablement sur le vestiaire du Stade Français. Celle d'une saison une nouvelle fois gâchée par des résultats inconciliables avec le standing du club parisien. Ecartée des phases finales du Top 14 avec dix défaites après vingt et une journées, la formation du capitaine Sergio Parisse regarde impuissante vers son glorieux passé légendé dernièrement par quatre titres de champion de France (2000, 2003, 2004 et 2007) et deux finales de H Cup (2001 et 2005). Mais depuis trois saisons, le Stade Français s'enlise dans l'à peu près et multiplie les désillusions. « On est une équipe dans la difficulté. Il ne faut pas se le cacher, explique le coentraîneur Christophe Laussucq. C'est difficile de trouver des motifs de satisfaction en ce moment. Tout le monde a un peu la tête sous l'eau mais j'espère que l'on va vite se vider la tête et que les joueurs vont retrouver le plaisir de venir s'entraîner, de jouer. »
Du côté des joueurs justement, invités à prendre une semaine de vacances pour chasser leur doute, le constat est tout aussi alarmant et sévère. « Aujourd'hui, il manque une grosse remise en question individuelle de tout le monde, surtout du groupe, insiste le demi de mêlée Jérôme Fillol. Il faut se regarder dans une glace et avancer sur le terrain. Ça fait trop longtemps que le Stade Français regarde la H Cup à la télévision. Si on n'est pas un peu plus compétiteurs, on n'a rien à faire là. » Toujours en course en Amlin Challenge Cup, Paris veut oublier cette saison en se sublimant sur la scène européenne. « On est un peu l'ombre de nous-même mais il ne faut pas se démobiliser, souligne Laussucq. On doit essayer de s'accrocher à notre objectif principal : ce quart de finale à Bath (samedi 6 avril). Même si ce sera compliqué » (Toutes compétitions confondues cette saison, Bath a remporté dix de ses douze matchs à domicile, ndlr).
Il est vrai que les prestations du Stade Français à l'extérieur laissent perplexe. Avec une seule victoire hors de ses terres en Top 14 (face au Stade Montois, 28-30) et deux succès européens peu significatifs chez les London Welsh (19-68) et Prato (23-37), le club du président Thomas Savare affiche des signes inquiétants de fébrilité. Eliminé en demi-finale de l'Amlin Challenge Cup lors de la précédente édition (défaite à Toulon, 32-29), Paris cherchera à s'appuyer sur sa dernière confrontation face au club anglais de Bath.
Un déplacement en H Cup, le 18 octobre 2009 au Recreation Ground, marqué par une courte victoire acquise dans les dernières secondes de la rencontre (27-29) grâce à la précision du jeu au pied du demi de mêlée Julien Dupuy (auteur de 7 pénalités). Mais pour réaliser un tel exploit dans le Comté du Somerset, le Stade Français devra échapper à son irrégularité chronique symbolisée il y a peu par une lourde défaite au Stade de France contre Clermont (10-37, 20ème journée de Top 14). « J'espère que le groupe fera preuve d'humilité et de fierté », rappelle Richard Pool-Jones. Le Directeur sportif de Paris ne s'y trompe pas : une qualification en demi-finale (face à Perpignan ou au Stade Toulousain) ne supportera pas une énième faillite collective.