Son histoire en H Cup est jeune et le RCT n'a encore rien gagné, sauf le respect de ses adversaires, forcément impressionné par son parcours européen et son écrasante victoire contre Sale (62-0).
On n'entend pas si souvent la Marseillaise au Stade Mayol. On n'y voit non plus tous les jours neuf essais et une débauche de jeu rarement vue à ce niveau.
Une seule mauvaise nouvelle est venue émailler ce dimanche quasi parfait : la blessure à l'œil de Bakkies Botha qui sera absent des terrains pendant deux mois. Pas un drame pour un effectif qui compte aussi en deuxième-ligne Nick Kennedy, Simon Shaw ou Jocelino Suta.
Mais c'est vraiment la seule ombre au tableau. En plus de ravir son public, les Toulonnais ont impressionné l'Europe entière. Dans une intéressante analogie avec le Spectre de James Bond, le Guardian évoque ainsi le club du président Boudjellal : « Il a réuni un conglomérat de stars pour son propre divertissement sur la cote d'Azur. Pour la première fois en H Cup, son équipe a étalé au grand jour sa terrifiante puissance. On imagine facilement (Boudjellal) en train de caresser un chat blanc en se délectant de son plan pour dominer le monde. »
John Mitchell, directeur du rugby de Sale, laminé par la partition presque parfaite des Varois, n'a pas trouvé d'autre argument que la supériorité adverse pour expliquer le naufrage. « Nous n'avons même pas de regrets. Toulon a été exceptionnel. » Et commence à faire trembler l'Europe entière. « Pendant que les Anglais et les Celtes se déchirent sur le futur format de la compétition, ce sont les clubs français qui s'apprêtent à régner sur le continent », prédit le Guardian.