L'apprentissage européen est ainsi fait, on a plus que jamais tendance à ne prêter qu'aux riches.
Avec l'intervention du système de tirages au sort par chapeaux, les clubs à l'histoire fournie sont donc récompensés, pas toujours en adéquation avec leur mérite du moment comme c'est le cas pour Biarritz, tandis que d'autres, aux prétentions au moins égales, se voient presque plombés à l'instar de Clermont (régulièrement dans la poule du champion en titre, cette année le Leinster).
Pour Montpellier, c'est Toulon qui constitue l'obstacle que d'aucuns annoncent depuis longtemps comme insurmontable. Les Varois sont en effet impressionnants. Intouchables peut-être. La porte des quarts est-elle pour autant fermée ? « C'est un gros morceau, et pour l'instant on essaye de se placer », avouait Thibaut Privat à la sortie de l'entrainement mardi matin.
Fallait-il déceler derrière cette retenue un modeste appétit ? « C'est la Heineken Cup, et elle ne se galvaude pas », lançait pour sa part Fabien Galthié. Mais l'homme fort du MHR tenait néanmoins à rester dans la retenue, lui qui a trop d'expérience pour ne pas savoir le chemin difficile qui mène aux phases finales : « Je ne regarde pas les autres ! Concentrons-nous sur nous. J'ai fait deux finales en tant que joueur dans cette compétition, et tout peut arriver, mais pour être honnête nous ne sommes pas en très bonne posture pour nous qualifier. Toulon, oui. »
Et l'entraineur de se projeter sur le match suivant : « Nous avons performé dimanche dernier, donc on va voir ce qui va se passer samedi ! » Se profilent à nouveau ces Gallois de Cardiff, qui n'auront vraisemblablement plus rien à perdre. « Les trois matchs qui restent seront tous très importants, nous devons surfer sur cette vague positive, gagner en confiance, mais avant de penser à une qualification il faut penser à Cardiff », concluait Benoit Paillaugue.
Ambition modérée ou discours policé, Montpellier ne veut pas mettre la charrue avant les bœufs. Le match de ce week-end pourrait être une nouvelle marche vers le succès. A la faveur des récents résultats, l'espoir est en tout cas permis.