La première journée de H Cup a révélé au grand jour le talent d'un jeune joueur que l'on n'attendait pas à ce niveau.
Quand l'expérimenté demi d'ouverture et buteur néo-zélandais Nick Evans dut sortir sur blessure face à Biarritz, c'est Ben Botica qui a pris la relève. Avec talent et autorité.
Pour son premier match européen, l'ouvreur anglais de 23 ans n'a pas tremblé une seconde au moment d'inscrire pas moins de 18 points lors du large succès 41-13 des Harlequins sur le BO. Un adversaire pas comme les autres pour faire ses débuts : lui-même a joué avec les moins de 21 ans de Biarritz, un club que son père Frano, ex 3e ligne des All Blacks (7 sélections), a également fréquenté de 1999 à 2001.
Après de tels débuts européens sous le maillot des Quins, on ne serait pas surpris de sa titularisation lors du voyage à Galway des Londoniens, surtout si Evans doit déclarer forfait pour le match face à Connacht.
Son père Frano a lui disputé 23 matches en H Cup, après un intermède de cinq années en rugby à XIII, à Wigan. Il découvre la scène européenne en 1996 avec Llanelli, avant de rejoindre Biarritz après trois saisons.
Durant ses 23 matches, il inscrivit 258 points. Ses débuts en H Cup avec Biarritz ressemblent beaucoup à ceux de son fils avec les Quins. Face au champion d'Europe en titre de l'époque, Northampton, il passait 17 points lors d'un succès 37-30. C'était en 2000 et le BO atteignait cette année-là les quarts de finales pour la première fois de son histoire.
Un autre de ses faits d'armes cette année-là est d'inscrire 25 points lors d'une victoire à Edinburgh. L'année suivante, Frano repartira en Nouvelle-Zélande pour une retraite bien méritée. Les Farrell, Andy et Owen, père et fils des Saracens, leur ont montré la voie. Les Botica viennent de s'y engouffrer.
« Mon père m'a appris comment botter, mais si vous ne jouez pas, aucune équipe ne va vouloir de vous, peu importe qui est votre père, s'amuse Ben. Sur le terrain, je me suis vraiment senti bien, absolument pas nerveux. Maintenant, j'aimerais bien pouvoir jouer régulièrement pour les Harlequins et saisir ma chance. »
« C'était probablement le match le plus important de ma carrière. Peut-être qu'il y a quelques années, j'aurais été plus nerveux, dit-il du haut de se 23 ans. Mes coéquipiers m'ont beaucoup parlé et rendu les choses plus faciles. J'apprends beaucoup au quotidien de Nick et j'attends juste d'avoir ma chance. Je suis content de l'avoir eue contre Biarritz.
Ben possède un passeport anglais et pourrait se voir un jour appelé à jouer pour le XV de la Rose, à condition de rééditer ce genre de performance et donc d'avoir du temps de jeu. Il a signé en avril un contrat de deux années pour les Harlequins alors qu'il évoluait au CA Périgueux. Son entraîneur, Conor O'Shea, a apprécié ce qu'il a vu samedi. Pour lui, c'est une évidence : « Tel père, tel fils », conclut-il.