Le jeune ouvreur français, qui s'est affirmé au poste d'ouvreur du Castres Olympique la saison dernière, sera l'un des atouts forts du club français cette saison.
Au départ, il ne partait pas dans la peau d'un titulaire en puissance, leader de son équipe. Dans l'ombre de Rémi Tales, Pierre Bernard a attendu son heure. Et profitait du malheur de l'ancien Rochelais (rupture du ligament croisé du genou gauche) pour prendre définitivement les clés du camion. Une promotion soudaine dont il a su tirer profit, que ce soit en Top 14 ou en H Cup, où le Castres Olympique était engagé dans la poule 1 aux côtés du Munster, des Scarlets de Llanelli et de Northampton. Des Anglais qu'ils retrouveront dans la poule 4 de la H Cup à venir, que le jeune ouvreur (23 ans) attend avec impatience.
«C'est toujours un peu spécial comme épreuve. Totalement différent, en tout cas, de la manière dont on aborde un match de championnat. En H Cup, tout va plus vite. Les équipes galloises, irlandaises ou écossaises sont d'une culture complètement différente. Ils abordent le match avec moins de pression, en y mettant toujours beaucoup de rythme, en jouant beaucoup. Les matchs sont plus débridés. C'est cela la H Cup. Et cela me plaît».
Pour autant, Pierre Bernard sait que la tâche qui attend le Castres Olympique ne sera pas aisée. Pour autant, pas question de baisser les bras. Avec les arrivées de Pedrie Wannenburg (numéro 8) de l'Ulster Rugby, Marcel Garvey (centre ou ailier) des Worcester Warriors, Antonie Claassen (troisième ligne) de Brive, ou les deux nouveaux internationaux français Christophe Samson (2e ligne) et Brice Dulin (arrière), le club tarnais a fait mieux qu'amortir l'électrochoc du départ du capitaine Chris Masoe vers Toulon et aborde la compétition sans complexe.
«Le recrutement doit nous permettre de jouer notre chance à fond dans la compétition (le CO n'a plus franchi les phases de poule depuis 2002 et sa défaite en demi-finale face au Munster). Avec les finalistes de 2010 et 2011, Northampton et l'Ulster, bien sûr que cette poule peut paraître relevée. On sait à quoi s'attendre. Mais je pense qu'elle est surtout très homogène. Elle est composée de quatre équipes très régulières. Rien n'est impossible. Il faudra par contre être fort parce que, dans cette poule équilibrée, on peut penser qu'il n'y aura pas de qualification en qualité de meilleur second».
Sur un plan personnel enfin, le joueur pourrait bien profiter de cette exposition sur la scène européenne pour se rapprocher un peu plus de l'équipe de France. Sa confrontation directe avec Ronan O'Gara, en novembre 2011 au stade Ernest Wallon de Toulouse (défaite 24 à 27 du CO), avait marqué les esprits.
«C'est évidemment important pour un joueur de bien se comporter dans ces matchs. L'an dernier, j'ai joué face à O'Gara, mais aussi Stephen Myler, Stephen Jones ou Rhys Priestland. A chaque fois, il faut être à la hauteur. Mais c'est un privilège». Premier d'entre eux, le 12 octobre prochain sur le terrain de l'Ulster, à Ravenhill.