A l'orée d'une nouvelle saison où le Stade Toulousain prétend de nouveau au doublé Championnat-H Cup, Vincent Clerc revient sur les différences entre ces deux compétitions et les conditions exceptionnelles qui permettraient un tel doublé.
La formule sonne comme une rengaine: Toulouse a cette saison encore les moyens de s'offrir un doublé historique, en s'imposant en H Cup et en Championnat. Tous les ans à la même époque, Vincent Clerc peut lire ces objectifs sous la plume des journalistes. S'il ne nie pas cette ambition, l'ailier tricolore tempère en soulignant « les conditions exceptionnelles que demande un doublé ».
« Ce n'est pas utopique mais pas loin » renchérit-il. « Mener deux phases finales de front nécessite beaucoup de fraîcheur et un effectif au complet. C'est tout le problème: on laisse beaucoup de jus et d'influx dans ces matches à élimination directe; sans parler des pépins physiques. Et ces matches se jouent à pas grand chose. Ce sont des détails qui font la différence. La fraîcheur est donc déterminante! »
La qualité du Championnat de France constitue, paradoxalement, un des paramètres à gérer dans cette quête d'un graal à deux têtes. « Le Top 14 est très dense et compétitif, et donc très exigeant. La phase régulière est chaque année plus dure » explique le Toulousain. « Il n'y a plus de 'petites équipes'. Tout le monde est prêt et prétend à la qualification. C'est un championnat magnifique qui demande une très grosse préparation. Sur ces bases, nous pouvons exister en Coupe d'Europe, mais se donner les moyens d'une victoire finale signifie un travail de haute précision. Plus les années passent, plus le doublé semble difficile! »
Cette difficulté tient aussi aux caractéristiques de la H Cup, qui se déroule sur un temps très court et dont le niveau est très élevé. « C'est une compétition éclair, à la différence du championnat qui est très long » poursuit l'ailier Rouge et Noir. « Pour sortir de poules très difficiles et surtout jouer les quarts de finale à domicile, nous avons droit à un seul joker. Et encore, perdre une seule rencontre constitue un gros handicap! » insiste-t-il.
Mais le niveau et le rythme des rencontres laissent un goût délicieux aux joueurs. Et Vincent Clerc de préciser: « les sensations sont incroyables. Nous nous confrontons à ce qui se fait de meilleur, à des clubs d'une autre culture, à des équipes qui changent radicalement entre la phase de poule et les phases finales. C'est vraiment une compétition exotique. J'adore ça! »