Battus en quart de finale la saison dernière, les Toulousains veulent rebondir. Et ne sont jamais aussi dangereux que lorsqu'ils sont vexés.
En France, l'adage est de notoriété générale: Toulouse peut perdre. Mais rarement, très rarement deux fois de suite. Sur la scène européenne, la statistique vaut également son pesant. Battu, vexé l'année dernière par une équipe d'Edimbourg ambitieuse, culottée et profitant de chacune des inattentions adverses pour en faire son miel, le Stade toulousain s'annonce redoutable la saison prochaine. Attention, danger.
Surtout que, dans le malheur de leur défaite en quart de finale, les Toulousains ont trouvé les ressources pour aller chercher, comme l'année précédente, le titre national. Grâce notamment à une filière de recrutement nouvelle: celle de l'hémisphère sud. Luke McAlister et Gürthro Steenkamp, exceptionnels en finale du Top 14 face à Toulon, ne sont pas étrangers au sacre des Rouge et Noir. C'est donc le moral gonflé à bloc et le talent intact qu'ils se présenteront, cette saison, sur la scène européenne.
A Toulouse, on cultive pourtant l'humilité. Pas question de se mettre sur le devant de la scène. Joint par le Midi Olympique à la suite du tirage, le manager Guy Novès parlait de «tirage au sort très difficile. Trévise est la meilleure équipe d'Italie qui a surpris beaucoup de monde par le passé et qui aujourd'hui ne surprend plus en étant au plus haut niveau. C'est une poule compacte. Il sera très compliqué d'en sortir».
Sur les Italiens, Guy Novès a d'ailleurs eu ce trait d'humour: «Nous aurons une équipe italienne pour la première fois depuis longtemps : on se sent Biarriot tout d'un coup!» en référence à la présence d'un club italien dans la poule des Basques depuis plusieurs saisons.
En plus de Trévise, les Toulousains retrouveront dans leur groupe les Anglais de Leicester ainsi que les Gallois des Ospreys. Une perspective qui inspire la méfiance au manager toulousain. «Les Ospreys incarnent le rugby gallois par excellence. Celui qui a remporté le dernier Tournoi des VI nations. Le Leicester, évidemment, c'est la grande cylindrée anglaise. L'équipe la plus titrée d'Angleterre. Ce sera difficile d'en sortir. On jouera avec nos arguments et on donnera le meilleur».
Le Stade toulousain, quand il donne le meilleur, est redoutable. Cette saison, il aura également un autre objectif, de prestige, à défendre: empêcher les Irlandais du Leinster de ramener une quatrième couronne pour rester l'équipe la plus titrée d'Europe. L'hégémonie est à ce prix.