L'entraîneur de l'ASM Clermont Auvergne Vern Cotter a finalement admis que le doublé Top 14 H Cup traînait dans un coin de sa tête alors que se profile dimanche au stade Chaban-Delmas de Bordeaux la demi-finale face au tenant du titre du Leinster Rugby.
Le duel entre les deux équipes déterminera l'adversaire en finale à Twickenham du vainqueur de la première demi-finale qui se dispute la veille entre l'Ulster et Edinburgh Rugby à l'Aviva Stadium de Dublin.
Comme le Leinster, tête de série numéro 1des play-offs de Ligue Celtique qui s'annoncent, Clermont lutte sur deux tableaux, ayant rejoint Toulouse en tête du Top 14. Plus tôt dans la saison, Vern Cotter avait martelé qu'il était impossible de remporter les deux épreuves. Mais à l'issue du quart de finale victorieux en H Cup sur les terres hostiles des champions d'Angleterre, les Saracens, il a légèrement changé d'avis.
« Il s'agit de déployer nos ailes, placer Clermont sur une carte et mériter une reconnaissance », a-t-il déclaré au Daily Telegraph.
« Les gens ont une perception assez pauvre de Clermont, au regard de nos moyens. Nous avons essayé de changer ça, d'établir de meilleures valeurs, de progresser en constance afin d'être prêt à lutter sur les deux tableaux, en France et en Europe. Nous voulons être capables de faire ça. »
« Le Top 14 était la priorité jusque-là. Il ne l'est plus. »
Les hommes de Vern Cotter seront encouragés par plus de 20 000 fans qui auront fait le déplacement à Bordeaux et c'est une donnée qui peut faire tourner la rencontre à leur avantage.
Toulouse, quatre fois, et Brive ont été les seuls clubs à ramener le trophée en France et Vern Cotter voudrait voir son club être le troisième.
« Je suis convaincu que le public aura une influence positive sur nos joueurs, surtout dans les premières minutes. Ils vont les pousser comme jamais. Dans mon rôle, je dois trouver des sources de motivation dans les heures qui précèdent la rencontre et c'en sera un », poursuit Cotter.
« Je pensais évoquer des aspects tactiques et techniques avant le match à Watford face aux Saracens en quart de finale. Puis on a vu nos fans massés devant le stade. Les mots n'étaient plus utiles. »
C'est aussi quelque chose de générationnel à Clermont. Les familles entières viennent au stade, des grands-parents aux petits-enfants. J'adore ce sens de l'attachement à un club. C'est quelque chose de tribal. Vous savez, dans l'hémisphère sud, on évoque surtout la production des joueurs. Ici, on parle de gagner des matches. Il y a un tel lien entre le club et la ville. »
Sur le terrain, le deuxième-ligne écossais auvergnat Nathan Hines va retrouver ses anciens partenaires du Leinster, avec lesquels ils ont remporté l'épreuve l'année dernière. Ce sera un match particulier aussi pourles deux coaches, qui officiaient ensemble lors du premier titre de champion de France de Clermont, en 2010. Joe Schmidt a depuis rejoint le Leinster et les deux Néo-Zélandais, très amis dans la vie, seront face-à-face dimanche avec le même objectif.
« Nous irons boire une bière ensemble parce que Joe est un vrai ami, admet Cotter. Nous connaissons très bien les forces du Leinster et leur expérience du très haut niveau puisqu'ils disputent leur quatrième demie de H Cup successive. Ils seront très confiants mais nous avons les armes pour les embêter. Nous devons avant tout imposer notre jeu, nous mettre d'entrée dans la bonne direction. »
Nous avons progressé, nous avons davantage d'expérience. Je pense que nous pouvons nous adapter à notre adversaire, aux conditions de jeu. Nous voulons priver le Leinster de munitions. »
« Ça va être un grand match de rugby, et comme toujours, cela va se jouer à des détails, un peu de chance et beaucoup de talent. »