Le ton est donné. Le quart de finale d'ouverture de la Amlin Cup a offert une opposition acharnée et un suspense haletant. C'est finalement le Stade Français qui a le premier validé son billet pour le dernier carré (22-17). Il se déplacera le dernier week-end d'avril soit à Toulon, soit à Londres pour défier les Harlequins, ce qui offrirait un remake de la dernière finale.
Paris n'est plus qu'à deux matches d'une qualification pour la H Cup promise au vainqueur de l'épreuve. Ce sera plus simple et plus court de l'obtenir par ce biais-là que par le Top 14, où le Stade Français est à la peine (7e). Exeter devrait lui le décrocher grâce à sa belle saison en Premiership (5e) . De quoi atténuer la déception de la défaite in extremis à Charléty, aussi grande soit-elle.
Paris a donc gagné mais que ce fut dur, long à se dessiner. A deux minutes du terme, le vainqueur n'avait toujours pas choisi son camp (17-17). Pour le premier match à élimination directe de la saison, les prolongations se profilaient quand l'Australien Paul Williams, idéalement servi par Dupuy, offrait la victoire aux siens.
L'entame avait pourtant dû faire enrager Michael Cheika, le coach parisien. Il voyait ses joueurs étonnement fébriles, enchaînant les fautes de main et les fautes de goûts.
La tension, palpables dès les premiers échanges, les a longtemps paralysés. On a vu lors de la première demi-heure Djibril Camara, Paul Sackey et Felipe Contepomi jouer du poing.
L'ouvreur argentin du Stade Français récoltait dans l'affaire un carton jaune, pour avoir répliqué trop virilement à un plaquage à retardement du talonneur d'Exeter Chris Whitehead. Lorsque Contepomi retrouvait la pelouse, Ignacio Mieres avait converti trois pénalités, contre une seule côté parisien par Julien Dupuy. Grâce à une mêlée dominatrice, il réduisait même l'écart à trois petites unités juste avant la pause (6-9).
Vent dans le nez, les locaux s'en tiraient finalement plutôt bien. Surtout que, vent dans le dos, les Parisiens ne mettaient pas deux minutes pour trouver une faille. D'un habile petit coup de pied, Contepomi envoyait Camara à l'essai (11-9, 42e). Un bon moyen pour l'arrière parisien d'oublier la menace de suspension qui pèse sur ses solides épaules, pour trois contrôles anti-dopage manqués. Ce premier essai du match était aussi son cinquième en Amlin Cup, rejoignant en tête des meilleurs marqueurs de la compétition Tom Brady (Sale) et Morgan Turinui, le centre du... Stade Français.
Emmené par un Pascal Papé en forme internationale, le pack parisien se chargeait d'obtenir deux pénalités enquillées par Dupuy (17-12, 55e). Derniers points des locaux avant une grosse domination anglaise, concrétisée par le Fidjien Sireli Nakelivuki, tout juste entré en jeu, qui faisait parler sa puissance pour égaliser. Mais la transformation, comme un drop dans un fauteuil à trois minutes du terme, étaient manqués par Mieres. L'action suivante s'achevait dans les mains de Paul Williams pour clore un suspense qui lançait idéalement le week-end européen.