Le club d'Ulster est déterminé à donner à ses adversaires un accueil qui donne la chair de poule lorsque les Parisiens fouleront la pelouse de Ravenhill ce week-end.
Les deux équipes se retrouvent face à face à Belfast samedi après-midi avec à la clé la qualification dans la poule 4 après les résultats des deux matchs d'ouverture de H Cup.
Le Stade Français est premier de son groupe puisqu'il est invaincu depuis le début de la campagne, tandis que l'Ulster a écrasé Bath Rugby le premier week-end de H Cup avant de s'incliner à Édimbourg une semaine plus tard.
La province irlandaise est consciente que la victoire sur son territoire est cruciale avant de se déplacer à Bruxelles pour affronter les mêmes adversaires la semaine suivante, et l'entraîneur assistant Jeremy Davidson a une bonne idée de la manière selon laquelle son équipe doit aborder la rencontre.
« Je pense que ce sera très important pour nous de réserver un accueil « maison » au Stade Français pour commencer, dans les premiers échanges, histoire de donner le ton, et de démarrer en nous imposant face à une équipe internationale très forte », a expliqué Davidson sur le site officiel du club d'Ulster.
« Si le Stade Français fait un bon match samedi, nous sommes mal, car ce n'est pas seulement l'une des meilleures équipes de France, c'est aussi une des meilleures équipes d'Europe. »
« C'est une équipe exceptionnelle avec dans ses rangs des joueurs de classe mondiale. Nous n'aurons pas droit à l'erreur face à une telle équipe samedi à la fois dans notre jeu au large et sur les phases statiques. »
Les deux équipes ont un passé commun en H Cup qui remonte à loin ; elles se sont en effet retrouvées tirées au sort dans la même poule à quatre reprises.
Malheureusement pour Stade Français, l'équipe qui recevait est ressortie victorieuse de tous les matchs sauf à une occasion sur les huit rencontres.
L'équipe d'Ulster a montré de quoi elle était capable en inscrivant des victoires de 19 à 16, 22 à 10 et 18 à 10 à Ravenhill en 2002/03, 2003/04 et 2004/05, et par contre lorsque les Parisiens se sont déplacés en Irlande du Nord la saison passée, ces derniers ont été victorieux et se sont imposés aisément 26 à 10 lors du match d'ouverture de la compétition.
Ayant lui-même joué et entraîné en France avec Castres Olympique, leader actuel du Top 14, Davidson connaît la mentalité française mieux que la plupart. Et même s'il conçoit le fait que les statistiques suggèrent que les équipes françaises ne réalisent pas les meilleures performances à l'extérieur, il insiste bien sur l'attitude de ses joueurs qui ne se laisseront pas aller à la complaisance samedi après-midi.
« Je crois que l'un des travers du rugby français est devenu comme une sorte de tradition ; les joueurs ne gèrent pas très bien les déplacements, surtout hors de France » a ajouté l'ancien deuxième ligne d'Irlande et des Lions qui a rejoint l'équipe d'entraînement d'Ulster Rugby cet été.
« Cela dit, avec le haut niveau de professionnalisme qui existe de nos jours, ce facteur semble avoir un impact moindre comme vous avez pu le constater à Bath lorsque les joueurs du Stade Français ont ravi la victoire à leurs hôtes anglais dans les dernières instants de la rencontre. »
« Les Français sont de grands passionnés de rugby et les équipes de rugby françaises ont traditionnellement basé leur jeu autour d'un gros pack d'avants dominateurs gagnant le ballon, puis sur le jeu au large avec leurs arrières réputés pour leur panache qui aiment produire beaucoup de jeu. »
« Le Stade Français est l'un des meilleurs exemples représentant cet esprit ; ils jouent avec un style typiquement français même s'ils ont été entraînés par quelques entraîneurs étrangers ces dernières années. »
« Ils ont aussi réussi à conserver un noyau d'internationaux français dans leur effectif avec un grand nombre d'internationaux étrangers de haut niveau pour couronner le tout. »
« Ils sont très dominants en phase statique ; en mêlée, en touche, dans le maul, et puis ils ont la chance de pouvoir compter autant de talents parmi leurs arrières et Lionel Beauxis à l'ouverture, Julien Dupuy en demi de mêlée et Mathieu Bastareaud au centre. Ce n'est pas surprenant qu'ils aient un jeu rapide si extraordinaire. »
« Ce sont vraiment des adversaires complets à tous les niveaux que nous allons avoir en face de nous, c'est une équipe française de haut calibre. »